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Les terroristes «pacifistes et démocrates» de l’Occident, frappent en plein cœur de Damas

Les terroristes «pacifistes et démocrates» de l’Occident, frappent en plein cœur de Damas

Les deux attentats-suicides de Damas, le vendredi 23 décembre, sont une preuve sanglante que la violence aveugle, qui est exclusivement imputée au pouvoir, est surtout l’œuvre des groupes extrémistes qui n’hésitent pas à frapper sous n’importe quelle forme, même au risque de faucher des dizaines de civils innocents (Voir ci-dessous). Si, depuis le début des troubles, la «répression» exercée par le régime est généreusement mise en évidence par les médias arabes et occidentaux qui diffusent en boucle les communiqués de l’opposition, celle des groupes extrémistes était systématiquement passée sous silence. Elle a pourtant fait quelque 2000 morts dans les rangs de l’armée et des forces de sécurité. Au début, le monde occidental niait obstinément l’existence d’une fraction violente au sein de l’opposition. Maintenant, elle est admise, et les violences qu’elle commet sont imputées à des dissidents de l’armée. Mais qui peut vérifier qu’il s’agit vraiment de soldats qui ont fait défection ou d’anciens jihadistes qui ont fait l’Irak dans les rangs d’Al-Qaïda. L’opposition syrienne se reconnait désormais une branche armée, appelée l’Armée syrienne libre. Une sorte d’étiquette ou de franchise, sous laquelle sont placés des dissidents, des jihadistes et des extrémistes musulmans d’obédience salafiste et wahhabite.

Les deux attentats ont d’ailleurs été revendiqués par les Frères musulmans de Syrie qui ont publié un communiqué sur leur site. Mais devant la gravité de cette revendication, le numéro 2 du mouvement a démenti sur la télévision satellitaire saoudienne Al-Arabiya tout lien avec les attentats. Mohammad Tayfour n’a pas trouvé de meilleure explication que d’accuser le régime d’avoir publié ce communiqué sur un site parallèle des Frères musulmans qu’il a créé à cette fin. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant d’évoquer ce soi-disant site usurpé? L’explication la plus plausible est que les Frères musulmans syriens sont tiraillés par plusieurs courants dont les plus extrémistes jugent normal et légitime des actions violentes telles que celles perpétrées à Damas. Il faut rappeler que dans les années 1980, ce mouvement avait commis des dizaines d’attentats de ce type dans les grandes villes syriennes et que les chefs de l’aile militaire s’appelaient Mohammad Riad Chakfa et Mohammad Tayfour, qui sont à la tête de la confrérie aujourd’hui.

Les analyses les plus invraisemblables ont circulé, les plus extravagantes affirmant que le régime avait lui-même organisé ces attentats pour saboter la mission des observateurs arabes. Les auteurs de ce type d’explication suscitent une vraie pitié. Quel intérêt a le pouvoir syrien de frapper dans sa propre capitale qui le soutient et qui est calme depuis le début des troubles? Quel intérêt a-t-il à prendre pour cible le quartier général des Renseignements généraux, son principal service de sécurité et le plus efficace? De plus, si le régime voulait saboter la mission des observateurs, il se serait tout simplement abstenu de signer le protocole de coopération avec la Ligure arabe.

La vérité est ailleurs. Ce sont plutôt les arabes des Etats-Unis qui sont furieux de l’acceptation par Damas de l’initiative arabe, car leur véritable but est d’envoyer le dossier syrien au Conseil de sécurité pour internationaliser la crise dans le cadre d’un scénario semblable à celui de la Libye. Les déclarations des ministres saoudien et qatari des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal et Hamad Ben Jassem, visiblement irrités par la signature syrienne, en disent long sur leurs véritables intentions.

Le double attentat porte clairement l’empreinte d’Al-Qaïda. C’est le mode opératoire bien connu et expérimenté en Irak et ailleurs de l’organisation terroriste. De toute façon, le Liban avait informé, deux jours avant les attaques, les autorités syriennes de l’infiltration d’éléments d’Al-Qaïda à partir du village libanais de Ersal (Voir ci-dessous).

Le double attentat est intervenu au lendemain d’une cuisante défaite infligée aux groupes extrémistes par l’armée syrienne à Jabal Zawiya, où 17 villages ont été libérés de leur emprise, au prix de 300 tués dans leurs rangs.

 Un Noël discret pour les chrétiens de Syrie

 Les méfaits de l’opposition syrienne, qui promet liberté et démocratie, se font sentir avant même qu’elle n’accède au pouvoir. En effet, pour la première fois depuis très longtemps, les chrétiens de Syrie ont célébré les fêtes de fin d’année dans la plus grande discrétion. Pas de manifestations religieuses publiques, pas de prières en plein air non plus. Dans le quartier de Bab Touma à majorité chrétienne à Damas, les traditionnelles décorations de Noël ont disparues. Mais c’est dans la ville de Homs, où le quart des habitants sont chrétiens, que la situation est le plus dramatique.

A Homs, les groupes extrémistes ont instauré un climat de guerre civile, qui a fait plus de 5000 morts et blessés depuis le début des troubles. Des rapts et des liquidations à consonance confessionnelle y ont lieu presque tous les jours. Une cinquantaine de chrétiens et quatre fois plus d’alaouites ont été tués par des extrémistes sunnites en raison de leur appartenance religieuse. Ces mêmes extrémistes, regroupés sous l’ombrelle du Conseil national syrien, et auquel l’Occident accorde aides matérielles, soutien politique et tribune médiatique.

Des milliers de familles ont quitté la ville ces derniers jours pour célébrer Noël dans la vallée des chrétiens, le berceau du christianisme syrien, situé dans l’ouest du pays. Les églises étaient presque désertes à Homs. Seuls quelques rares fidèles y ont célébré la messe sous la protection de centaines de soldats et de policiers.

Voilà les premiers résultats de la pseudo-révolution soutenue et parrainée par les Etats-Unis et leurs vassaux européens, avec la contribution des Turcs et des Arabes du Golfe!

       La tendance au Moyen-Orient

Revers stratégiques pour les Etats-Unis

Le retrait américain d’Irak constitue un développement stratégique de la plus haute importance. Avec le gouvernement de Nouri al-Maliki, la jonction semble être faite entre l’Iran et le Liban, via la Syrie et l’Irak. Il s’agit donc d’un axe continu qui n’a plus besoin de nouer des alliances ou de trouver des accords pour faire circuler ses hommes et ses armes. De plus, la dernière visite du Premier ministre irakien à Washington a été déterminante au sujet de l’alignement politique et stratégique de l’Irak aux côtés de l’axe de la Résistance. Maliki a ainsi exprimé son refus de toute intervention étrangère dans les affaires irakiennes et a proposé à son interlocuteur une médiation dans le dossier syrien, alors que Barack Obama n’a pas appelé, devant le Premier ministre irakien, au départ du président syrien. Selon les informations en provenance de Syrie, le gouvernement compte remplacer l’accord de libre-échange avec la Turquie, suspendu par Ankara, par un accord similaire avec l’Irak, et la relation entre les deux pays serait de plus en plus solide.

Le second bouleversement stratégique dans la région consiste dans le fait que le dernier modèle des drones américains, celui dont l’administration est si fière parce qu’il est censé être indécelable par les radars et qui a constitué le point fort dans la guerre en Irak et en Afghanistan, est tombé entre les mains des Iraniens. Ces derniers ne l’ont pas fait tomber par un tir de missile, mais ils ont visiblement réussi à entrer dans son système électronique puisque l’avion s’est posé intact. Si cette affaire a été plus ou moins occultée dans les médias occidentaux, elle n’en reste pas moins de la plus haute importance. C’est un coup dur pour les Américains qui ont d’ailleurs tenté, en vain, de hausser le ton pour récupérer l’appareil. Elle montre aussi que les Iraniens, dont le système nucléaire avait été piraté par les Américains, ont pris leur revanche électronique. Selon des sources diplomatiques des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), les entretiens entre le ministre de la Sécurité iranien avec le prince héritier saoudien ont porté en grande partie sur le drone américain, les Saoudiens demandant aux Iraniens des informations sur sa construction. Avec leur subtilité habituelle, les Iraniens seraient restés dans le vague. Ils choisiront en temps voulu à qui et quelles informations donner. Mais ce développement est certainement déterminant dans l’équilibre des forces dans la région et les Américains ont répété à plusieurs reprises qu’ils souhaitaient l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran dossier par dossier, mais l’Iran préfère une solution globale.

En attendant, des rumeurs sur une éventuelle attaque israélienne contre l’Iran circulent de nouveau. Mais les sources iraniennes se déclarent prêtes à toutes les éventualités et évoquent un possible blocage non seulement du détroit d’Ormuz, mais aussi du canal de Suez. Les Iraniens brandissent aussi la menace d’une riposte inattendue contre toutes les cibles possibles. Et si les Américains se sont retirés d’Irak, ils possèdent encore des bases importantes en Arabie saoudite, au Qatar, à Bahreïn et au Koweït. De même, les Iraniens laissent entendre qu’ils pourraient bombarder les troupes de l’Otan en Afghanistan où il n’y a pas de bouclier antimissile. Il ne serait pas question pour les Iraniens de se laisser faire, au risque de provoquer un affrontement régional et international généralisé. Et, en laissant faire les Israéliens, les Américains pourraient se retrouver entraînés dans une guerre qu’ils ne souhaitent pas et aux conséquences incertaines pour eux.

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Evénements

Syrie

Le double attentat-suicide à la voiture piégée perpétré vendredi à Damas a fait au moins 44 morts et quelque 170 blessés. Les explosions, qui ont eu lieu à 10h15, ont été entendues dans toute la ville. Elles ont «secoué la maison, c’était effrayant», a témoigné Nidal Hamidi, un journaliste syrien de 34 ans qui vit dans le quartier de Kfarsoussa.

Le général Rustom Ghazalé, qui dirige le département de renseignements militaires visé, a assuré que c’était la preuve d’un projet étranger contre la Syrie. «Nous le combattrons jusqu’à la dernière goutte de sang».

D’après un responsable militaire, la charge explosive qui a visé le bâtiment de renseignements militaires, la plus forte des deux, était composée de plus de 300kg d’explosifs, tuant 15 personnes.

«Les premiers éléments d’enquête font porter la responsabilité sur Al-Qaïda», ont annoncé les autorités syriennes. Le Liban dit avoir prévenu Damas cette semaine que des éléments d’Al-Qaïda s’étaient infiltrés en territoire syrien, a déclaré vendredi un porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.

Des milliers de Syriens ont scandé «Mort à l’Amérique» et brandi des portraits du président Bachar al-Assad samedi lors des obsèques des victimes du double attentat-suicide.

Les funérailles se sont transformées en rassemblements pro-Assad où des proches de victimes ont lancé des appels à la vengeance et condamné le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad ben Jassem Al Thani, dont le pays est devenu un détracteur véhément d’Assad.

La foule, dans laquelle s’élevaient des drapeaux syriens et des banderoles à l’effigie d’Assad, scandait «On veut ta tête, Hamad», «Nous sacrifions nos âmes et notre sang pour toi, Bachar» ou encore «Dieu, la Syrie et Bachar, c’est tout».

Les cercueils, enveloppés dans des drapeaux du pays, étaient alignés à l’intérieur de la Mosquée des Omeyyades, l’un des principaux sanctuaires de l’islam, qui date du VIIIe siècle. Sur beaucoup d’entre eux, on lisait «Inconnu».

Des religieux musulmans et chrétiens ont pris part aux obsèques, placées sous la direction du grand dignitaire sunnite Saïd al-Bouti. La télévision nationale syrienne a retransmis des images en direct des processions funéraires.

Al-Bouti a déclaré que les auteurs des attentats étaient des ennemis «de l’humanité et de la religion», et il a accusé le Conseil national syrien d’y être impliqué. «C’est un cadeau de Bourhan Ghalioun (dirigeant du CNS) et de ses amis. Est-ce que les délégués de la Ligue arabe ont écarté les voiles qui leur couvraient les yeux afin de voir qui est le meurtrier et qui est la victime?», a-t-il interrogé. «Pour qu’ils sachent que l’armée syrienne ne peut pas faire sauter d’oléoducs, qu’elle ne peut pas tuer les siens.»

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Déclarations et prises de positions

Michel Sleiman, président de la République libanaise

«L’attaque qui a visé la patrouille du contingent français de la Finul visait en fait l’ensemble de la Finul, ainsi que l’idée de la paix et les Nations unies dans leur ensemble. L’armée elle-même, du temps où j’étais son commandant en chef, avait été la cible des terroristes à Nahr el-Bared. Elle les a combattus, et aujourd’hui, certaines cellules ont repris leurs activités clandestines attaquant la Finul pour la pousser à quitter le Liban. Je déplore le fait que la coordination entre l’armée et la Finul n’a pas encore permis d’enrayer les agressions terroristes. Il est question de procéder à une révision stratégique de la situation générale pour lutter plus efficacement contre le terrorisme. L’armée pourrait prendre certaines positions actuellement tenues par la Finul. Il y a des camps palestiniens à proximité des positions de la Finul. La conférence de dialogue avait décidé de désarmer ces camps et les Palestiniens en dehors des camps. Cela ne signifie pas que les Palestiniens sont les auteurs de l’attentat, mais il est inacceptable qu’il existe sur le territoire libanais des foyers impénétrables pour les forces de sécurité libanaises.»

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Presse
An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)

Radwan Akil (19 décembre 2011)

Plusieurs parties officielles et sécuritaires libanaises ont été dernièrement informées d’une sérieuse décision de la France de réduire de 30 à 35% les effectifs de son contingent de la Finul au Liban-Sud. C’est l’Armée libanaise qui comblera le vide, leur a-t-il été expliqué. Un responsable de sécurité libanais a eu droit à un discours clair dans ce sens de la part des autorités militaires françaises à l’occasion d’une visite à Paris. Il lui a également été dit que la France ne prendra pas les commandes de la force internationale à la fin du mandat de l’actuel commandant en chef, le général Alberto Asarta. Un général italien lui succédera à ce poste. Ce responsable, qui n’a pas évoqué le dossier syrien lors de ses entretiens en France, a expliqué à ses interlocuteurs français que l’Armée libanaise et l’ensemble des forces de sécurité tenaient à poursuivre la coordination et la coopération avec la Finul, et le contingent français en particulier. Il leur a indiqué, en outre, que les forces politiques libanaises étaient unanimes à demander à Paris de ne pas réduire les effectifs de son contingent et à condamner tout attentat contre la Finul. Le même responsable fait état d’informations selon lesquelles des éléments fondamentalistes infiltrés par le Mossad seraient derrière le dernier attentat et le tir de missiles pour pousser Paris à retirer ses Casques bleus et saper la sécurité au sud. Car leur objectif majeur est de ternir l’image du Hezbollah et de présenter le Liban sud comme une zone instable où tous les scénarios restent possibles.

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité-22 décembre 2011)

Daoud Rammal

Trois points ont été soulevés par l’émissaire français Nicolas de Rivière (Directeur des Nations unies et des organisations internationales au ministère français des Affaires étrangères), qui a commencé par reconfirmer l’engagement de la France au sein de la Finul devant ses interlocuteurs libanais: une révision stratégique de l’action de la Finul est en cours, et elle débouchera sur de plus grandes fonctions accordées à l’armée libanaise au sud du Litani; une réduction des effectifs de la Finul, et du contingent français notamment, est envisagée, mais elle n’a aucune signification politique: «Nous resterons présents et actifs au sein de la Finul», a-t-il assuré; une évaluation très positive est faite du rôle de l’Armée libanaise en matière de coordination avec la Finul.

Selon des sources proches du dossier, il est illogique de réclamer une protection pour la Finul dans sa zone de déploiement: la force internationale est déployée au Liban en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité; elle est présente pour assurer une protection au Liban plutôt que d’en demander une pour ses troupes.

Les mêmes sources expliquent ensuite la réduction prévue des effectifs de la Finul: la zone géographique où sont actuellement déployés plus de 13000 Casques bleus ne requiert pas une telle présence massive. Tout en considérant comme très probable une réduction des effectifs du contingent français, elles ont estimé que la France maintiendra sa présence active au sein de la Finul indépendamment du nombre de ses soldats déployés au sud.

En dépit des attentats visant cette force, les émissaires internationaux, dont le responsable français, ont reçu des assurances selon lesquelles aucune des principales forces présentes dans la région ne souhaite le retrait de la Finul: le Liban, la Syrie et Israël, en plus du Hezbollah, sont en effet attachés au maintien de cette force. Toutefois, ces sources entrevoient un message à travers la réduction des effectifs: les priorités internationales ont changé. Mais la mission de la Finul n’en sera nullement affectée.

As Safir (22 décembre 2011)

Sateh Noureddine

La demande adressée par la Ligue arabe au Liban pour qu’il contribue à la mission d’observateurs qui seront envoyés en Syrie est une blague de mauvais goût. Les Libanais sont profondément divisés autour du dossier syrien et la participation éventuelle du Liban à la mission arabe risque de faire exploser la situation au gouvernement, au Parlement et dans la rue.

Al Hayat (Quotidien saoudien édité à Londres-21 décembre 2011)

Le ministre de la Défense, Fayez Ghosn, a évoqué des opérations de contrebande d’armes et l’entrée en Syrie d’éléments terroristes appartenant à Al-Qaeda au Liban à travers des points de passages frontaliers illégaux dans la Bekaa, notamment dans le village de Ersal. Ghosn a affirmé que la prévention de telles opérations est de la responsabilité de l’armée et des forces de sécurité en premier lieu. Il compte soulever cette question au Conseil des ministres. Des sources politiques indiquent que l’on braque les projecteurs sur Ersal à un moment où l’armée syrienne multiplie ses incursions sur la frontière et ouvre le feu à l’intérieur du territoire libanais, faisant plusieurs blessés. Des sources ministérielles signalent que le commandant en chef de l’armée le général Jean Kahwaji a transmis aux trois présidents des informations qui lui ont été communiquées par des «sources européennes occidentales», au sujet d’un citoyen libanais lié à Al-Qaeda qui se trouverait à Ersal. L’armée a tenté de l’arrêter mais les habitants l’en ont empêchée. Les habitants affirment que l’individu en question est de nationalité syrienne; il vit et travaille à Ersal depuis longtemps et ne se mêle pas de politique. Les forces de l’opposition nient qu’il y ait des opérations de contrebande à travers Ersal vers le territoire syrien et doutent de la présence d’éléments d’Al-Qaeda dans le village.

Al Hayat (19 décembre 2011)

Jihad El-Khazen

J’ai été surpris de voir que la Une du New York Times était consacrée au Hezbollah. Est-ce plus important que la crise financière qui secoue les Etats-Unis, la campagne présidentielle ou le retrait des troupes américaines d’Irak? A aucun de ces sujets n’a été consacré neuf pages d’enquête. Après lecture de l’article, j’ai plusieurs observations. D’abord, le fait que le Hezbollah soit qualifié d’organisation terroriste. Le Hezbollah est un mouvement de libération nationale qui combat le terrorisme israélien, source de tous les problèmes du Proche-Orient. Ensuite, le timing de la publication de l’enquête. Quelques jours auparavant, la chaîne Al-Manar diffusait un document qui révélait la présence d’agents de la CIA au Liban et en Iran. Les informations publiées par le NYT proviennent en majorité de services secrets américains. Le timing n’est pas innocent. L’affaire est révélée quelques jours après une attaque contre la Finul.

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

(23 décembre 2011)

Le Hezbollah a réfuté les accusations américaines de blanchiment et de trafic de drogue impliquant, selon Washington, le parti chiite, les qualifiant de tentatives de «salir» son image. Il «dément catégoriquement les accusations fallacieuses concernant son implication dans des opérations de blanchiment d’argent, de trafic de drogue et des transactions bancaires spécifiques», a-t-il indiqué dans un communiqué.

«Les accusations relayées par l’administration américaine contre le Hezbollah concernant le financement de ses activités par des voies illégales ne sont qu’une tentative de (…) salir l’image de la résistance», dit le texte.

Le 15 décembre, les autorités américaines ont annoncé avoir porté plainte au civil contre des établissements financiers libanais accusés d’avoir aidé au blanchiment de 483 millions de dollars pour le Hezbollah, via les États-Unis et l’Afrique, en lien avec un trafic de drogue. Cette plainte vise notamment la Banque libano-canadienne et deux établissements financiers basés au Liban, la compagnie de change «Hassan Ayash» et «Ellissa Holding».

Sur un autre plan, le Hezbollah a condamné, dans un autre communiqué, les attentats de Bagdad, estimant qu’ils «portent les empreintes des incitateurs (à la discorde), en tête desquels se trouve l’administration américaine.»

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité-23 décembre 2011)

Hassan Olleik

L’entente Hezbollah-Courant patriotique libre-Amal qui s’est manifestée au Conseil des ministres sur la question du réajustement des salaires se reflètera dans les principaux dossiers qui seront soumis à l’examen du Conseil dans l’avenir. Après la dernière rencontre entre Michel Aoun et Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah a demandé à ses alliés de soutenir le projet d’augmentation des salaires du ministre Charbel Nahas, du CPL.

Al Akhbar (22 décembre 2011)

Nicolas Nassif

Le bilan de l’action du gouvernement après six mois au pouvoir permet de relever les trois points suivants: Il ne s’agit pas d’un gouvernement de transition, et le président Najib Mikati n’est pas un Premier ministre de transition non plus comme ce fut le cas en 2005; la majorité parlementaire conduite par les forces du 8-Mars a prouvé sa capacité à surmonter les nombreuses contradictions qui ont jalonné le parcours du gouvernement depuis sa formation. Contradictions opposant les composantes du 8-Mars les unes aux autres, le Hezbollah à Mikati, ou encore le président Michel Sleiman au général Michel Aoun; les pressions dont ce gouvernement a fait l’objet au moment de sa formation se sont apaisées. Il s’agissait essentiellement de pressions exercées par la communauté internationale mais aussi par la rue sunnite sur le président Mikati.

Al Akhbar (21 décembre 2011)

Nader Fawz

L’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, le vicaire patriarcal, Mgr Samir Mazloum, et le secrétaire général du Comité de dialogue islamo-chrétien, Harès Chéhab, ont rendu visite au secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah. L’entretien a mis un terme à toutes les analyses faites il y a une dizaine de jours, selon lesquelles le patriarche maronite Béchara Raï aurait fait marche arrière après ses prises de position à Paris en appui à la Résistance. Le dossier des armes n’a pas été débattu, le patriarche ayant affiché une position claire et nette.

Les représentants du patriarche ont mis l’accent sur l’importance du vivre ensemble islamo-chrétien et la nécessité de préserver la présence chrétienne dans la région. Cette réflexion a ouvert le débat sur la situation en Syrie. Les invités de sayyed Nasrallah ont exprimé leur inquiétude quant à une chute du régime, et ont cité le patriarche comme ayant affirmé: «Nous appelons de nos vœux un véritable printemps arabe, mais à présent, ce n’est pas un printemps que nous traversons mais un rude hiver».

La délégation de Bkerké a dit craindre que les chrétiens de Syrie ne soient poussés à l’exode. Ils ont présenté à sayyed Nasrallah des faits établis, concernant ce que subissent les chrétiens à Homs précisément. Le secrétaire général du Hezbollah a assuré de son côté que la situation était en train de s’améliorer en Syrie.

Si la rencontre Nasrallah-Raï n’a pas encore eu lieu, c’est uniquement pour des raisons de sécurité. Une telle rencontre n’est donc pas exclue prochainement si les circonstances y sont favorables.

Al Akhbar (21 décembre 2011)

Nader Fawz

L’ambassadrice des Etats-Unis Maura Connelly a visité Bkerké pour poursuivre la mission entamée il y a quelques jours par Jeffrey Feltman: accentuer la pression sur le patriarche maronite Béchara Raï pour qu’il rompe toute relation avec le Hezbollah, en affirmant que les armes de ce parti étaient à l’origine de tous les problèmes au Liban. Mgr Raï a alors réitéré ses prises de position exprimées à Paris au sujet des armes de la Résistance. Il a également critiqué la politique de Washington qui ne contribue pas à l’armement de l’armée libanaise et au renforcement de ses moyens. Il a par la suite rappelé que le Hezbollah est représenté par des députés et des ministres, et que le vivre ensemble est fondamental pour le patriarcat.

Mme Connelly a souhaité une prise de position claire du patriarcat au sujet des événements en Syrie, avec une condamnation du régime syrien, en ajoutant que «Washington garantira la sécurité et la stabilité des chrétiens en Syrie». La réponse du patriarche fut la suivante: «Votre pays n’a rien fait pour les chrétiens en Palestine. Il n’a rien fait non plus en Irak, où votre armée était déployée. Le voilà qui assiste aujourd’hui en spectateur à ce qui se passe en Egypte. Aucune personne sensée n’accepterait vos propos selon lesquels vous serez une garantie pour la présence chrétienne.»

Ad Diyar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité-23 décembre 2011)

Johnny Mnayyar

Des sources diplomatiques annoncent que les négociations sur le dossier syrien seront réactivées dans les prochaines semaines mais qu’elles se fonderont sur de nouvelles bases. L’idée de renverser le régime syrien pour le remplacer par un nouveau régime n’est plus de mise. Aujourd’hui, l’équation proposée est de parvenir à un nouveau pouvoir mais en se basant sur une entente avec le régime actuel. Certains évoquent des élections présidentielles qui ramèneraient au pouvoir Bachar al-Assad, avec un gouvernement qui serait dirigé par une figure de l’opposition -un cas de figure rejeté par le régime. Des sources françaises signalent que le régime syrien a commencé à envoyer des signaux positifs pour paver la voie aux négociations, en acceptant notamment la mission d’observateurs arabes et en reconnaissant que des erreurs ont été commises par des responsables sécuritaires. La France considère que cela pourrait être un bon début, même si elle sait que les négociations seront menées alors que les manifestations et les affrontements sur le terrain se poursuivent.

Al Moustaqbal (Quotidien libanais appartenant à la famille Hariri)

(23 décembre 2011)

Dans une interview à la chaine de télévision Al-Manar appartenant au Hezbollah, l’ancien ministre de l’Information, Michel Samaha, affirme que l’équipe d’observateurs qui se rendra en Syrie sera formée d’espions venus collecter des informations sur les armes dont dispose la Syrie et sur la résistance interne syrienne pour voir comment la briser.

Samaha accuse par ailleurs des parties sécuritaires libanaises d’être impliquées dans l’armement et l’entraînement d’opposants syriens. Selon lui, le chef d’un service de sécurité libanais a informé les autorités françaises, il y a deux semaines, d’une grande dissension au sein de l’armée syrienne et qu’une région sera déclarée libre dans 48 heures.

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Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

Préparé et diffusé par Le Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales neworientnews.com

Rédacteur en chef: Pierre Khalaf, khalafpierre@gmail.com

New Orient News – December 26, 2012

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