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CANULAR: Gaddafi n’a jamais demandé à ISRAEL l’envoi de « 50 000 MERCENAIRES »«AFRICAINS»( sic) comme le prétendent le Réseau Voltaire et PressTV (Iran)

WE HAVE RECEIVED FROM ARAB FRIENDS THIS DECLARATION

– CANULAR – GADDAFI n’a jamais demandé à ISRAEL l’envoi de « 50 000 MERCENAIRES »«AFRICAINS»( sic) comme le prétendent le Réseau Voltaire et PressTV (Iran)

Thierry MEYSSAN (TM) a récemment confirmé que « jusqu’à la bataille de Tripoli, le « Guide » a négocié avec des émissaires israéliens, espérant parvenir à acheter la protection de Tel-Aviv » [1]. La position du président du réseau Voltaire est cohérente avec une série d’articles précédents dont il est l’auteur. Si ces derniers dénonçaient la préparation de la guerre, ils n’en soutenaient pas moins « l’insurrection contre le régime de Mouammar Kadhafi»[2-3].

Pour commencer, le qualificatif de  « tyran » (utilisé dans les conditions de guerre psychologique que l’on sait) fut utilisé sans précaution aucune [2]. Il apparaît d’ailleurs qu’il y a là une première contradiction avec ce qu’affirme à présent Thierry Meyssan: « Mouammar el-Kadhafi m’a accordé sa confiance […] un comportement bien éloigné de celui d’un tyran. “[1], citation sur laquelle nous reviendrons.

Dans un article paru dans le grondement des tambours annonçant les bombardements imminents de l’OTAN, le réseau Voltaire déclarait: « Le cabinet Netanyahu a demandé à la société israélienne Global CST de secourir le régime ami du colonel Kadhafi. Global CST envisage de recruter et d’acheminer jusqu’à 50 000 mercenaires, ce qui paraît fort ambitieux »[4].

Au même moment l’agence PressTV anglophone (Iran), visiblement plus animée par une volonté de vengeance que d’objectivité journalistique (son manque de professionnalisme et d’éthique est en général flagrant), diffusait le même canular (« Des sources égyptiennes ont révélé que… ») en précisant que ce minimum de « 50 000 mercenaires » était composé… d’«Africains » [5].

Dans son article d’adieu au chef d’Etat libyen, Thierry MEYSSAN ajoute que : « Je dois aussi attester que, malgré mes critiques sur sa politique internationale, et le dossier complet à ce sujet que la DCRI française lui a aimablement communiqué à mon sujet en juillet dans l’espoir de  me faire arrêter, Mouammar el-Kadhafi m’a accordé sa confiance et m’a demandé d’aider son pays à faire valoir ses droits aux Nations Unies [2] ; un comportement bien éloigné de celui d’un tyran. “[1]

En supposant que Gaddafi ait effectivement demandé aux Services de Renseignement Français un dossier sur Meyssan avant de l’inviter, tout observateur pourrait  facilement en comprendre les mobiles quand on prend la mesure de la gravité des accusations (collusion avec l’impérialisme à travers un « tortueux double jeu ») portées par le président du réseau Voltaire à l’égard du chef d’Etat libyen [4].

Le réseau Voltaire décrit en des termes très élogieux le passage de son président à la télévision libyenne, à la fin du mois de juin [6]. Il commet une première erreur en qualifiant son hôte, le Dr Youssef Shakir (programme Asham El Watan) de « journaliste ». En effet, cette personnalité est un analyste politique de premier plan en Libye, pays qu’il a réussi à quitter depuis peu seulement. Il s’est dit contraint de s’exprimer à la télévision pour les raisons de force majeure que tout le monde sait.

La seconde erreur consiste à affirmer que le l’OTAN, par l’entremise d’un missile, voulait « empêcher Thierry Meyssan de s’adresser au peuple libyen »[6]. Or, il n’est en rien et la chute de tels objets dans le voisinage immédiat des studios était devenue une banalité quotidienne. L’émission a d’ailleurs accueilli d’autres invités non moins « dangereux » comme, entre autres, et pour ne prendre que le cas d’un « Occidental », le Dr Webster Tarpley.

Par contre, l’OTAN a expressément affiché son souhait de faire taire le programme du Dr Shakir (dont les révélations en rapport aux hommes qui ont décidé de la guerre étaient visiblement bien plus dangereuses pour les Coalisés) bien plus tard quand un bombardement détruisit trois étages de l’immeuble de la télévision nationale. Le soir de l’invasion de Tripoli, les téléspectateurs ont pu voir la mine inhabituellement inquiète du Dr Shakir les informer que les murs du studio tremblaient à la suite de frappes. Dans la même nuit, la journaliste Hala Misrati annonçait vers 3 heures du matin que des hommes barbus et portant des sabres étaient en train de forcer le portail de l’immeuble de la télévision. Elle brandit alors un pistolet pour monter comment elle allait se défendre. Cette image fut évidemment exploitée par les médias chargés de vendre cette guerre au grand public (cf. BBC entre autres).

Bref, Gaddafi lui-même se trouvait bien loin de tout cela et c’est le Dr Shakir et son collègue (Ridwan Amara) qui ont invité Meyssan sans rien connaître, apparemment, de ses articles ou même de ses responsabilités. En effet, Thierry Meyssan fut présenté, non comme le président du réseau Voltaire (organisme qui n’a été cité à aucun moment, ni par lui-même, ni par le Dr Shakir et son collègue) mais comme « militant des droits de l’homme », ce qui peut paraître un peu étrange… Et, évidemment, il ne fut pas question des articles de Meysan de 2011 (notamment sur la demande prétendument formulée à Israël par le gouvernement libyen pour la fourniture de rien moins que 50 000 mercenaires « africains » en vue de mater la « rébellion ») mais, principalement, de son livre sur le 11 septembre…. à tel point que Meyssan lui-même se sentit égaré et dit ne pas comprendre la question » insistante du présentateur…

Revenons à ce fameux article sur les relations supposées entre la Libye et Israël [4-5]. Comme Meyssan l’a annoncé par la suite, la société de mercenaires israélienne incriminée a réagi en menaçant de poursuites judiciaires. Or, le président du réseau Voltaire a contre-attaqué d’une manière plutôt inattendue [7].

Tout d’abord, le journaliste a confirmé ses accusations en invoquant comme source, « un journaliste » de la presse israélienne (Yediot Ahronot) et (un article provenant d’ ?) un site, israélien également (Inyan Mercazi). Non seulement les racontars de la presse populaire n’ont aucune valeur en soi mais les seules références bibliographiques fournies par Meyssan pour localiser les fameuses sources sont celles de la « page d’accueil » des « portails d’informations » des sites respectifs des deux journaux [8]…. En effet, nous sommes là dans le registre du « téléphone arabe » : « un journaliste a dit à un autre journaliste… »… Soulignons aussi que la « dépêche » de l’agence iranienne PressTV citait « des sources égyptiennes »(sic) et non israéliennes [5]…

Dans sa diatribe, Meyssan ne relève pas que le Pérou qui, dans l’article incriminé, était supposé illustrer le champ d’action de la société de mercenariat israélienne (Global CST)[4], fut le seul pays au monde à avoir immédiatement rompu ses relations diplomatiques avec la Libye au début de « la crise »… Pourquoi le Pérou, apparemment allié d’Israël selon Meyssan [4], se serait-il empressé à ce point de rompre ses relations avec un autre Etat « se fournissant » à la même source ?

Mais, le président du réseau Voltaire va plus loin encore. Il ajoute : « dans un entretien à France24, le colonel Khadafi n’a pas caché que les opérations militaires qu’il commande actuellement sont calquées sur celles de Tsahal lors de « Plomb durci » »[7].

Là, il s’agit d’une falsification de la traduction de l’original (en arabe) de l’interview pour faire dire à Gaddafi ce qu’il n’a JAMAIS déclaré. En fait, dans l’original en arabe, les pauses sont bien marquées et Kadhafi mettait simplement en avant le principe du « Deux poids deux mesures » appliqué à son pays ; sans jamais, au grand jamais, comparer sa position de résistance à l’impérialisme à la volonté israélienne de massacrer, ainsi que le laisse entendre Meyssan.

Par ailleurs, la Libye a, de manière originale, toujours clairement marqué ses distances avec Israël, y compris dans le domaine toponymique… Par exemple, le nom de la capitale israélienne dans les médias libyens a toujours et systématiquement été rendue en arabe : « Tell Ar-Rabi’ » (Colline du Printemps), et non Tel Aviv (ce qu’aucun autre Etat arabe n’a jamais fait).

Les arabophones se souviendront aussi que dans les congrès internationaux (comme celui de la Ligue arabe à Damas, par exemple), Gaddafi n’emploie pas la version anglaise « Camp David », comme ses homologues, mais dit systématiquement « Camp Dawud »(où David est rendu par son nom arabe)…

Ces aspects linguistiques, à la lumière de l’analyse rétrospective des faits présentés plus haut, montrent que l’accusation d’une soi-disant alliance secrète de la Libye de Gaddafi avec Israël, dans le contexte de l’époque (mars 2011), est infondée et basée, jusqu’à preuve du contraire, sur des rumeurs, typiques de celles, innombrables, colportées par les mercenaires de l’OTAN/CNT.

Dans ces conditions, il est légitime de se demander : qui a joué un « tortueux double jeu »[4]: Gaddafi ou des officines de propagande comme PressTV et ses relais (TV libanaise Al-Manar, etc.), diffusant le venin de la rancune au point de livrer un pays entier à leur ennemi de demain ? Certainement la disparition inexpliquée d’un ou deux curés méritait-t-elle des éclaircissements mais était-il nécessaire de laisser détruire un pays entier pour les « venger »? L’Iran, le Hezbollah, le Hamas, etc., auraient pu empêcher cette guerre en mobilisant l’opinion mondiale anti-impérialiste (à commencer par le réseau Voltaire) laquelle les avait soutenus jusqu’à alors. Ils auraient pu au moins s’abstenir le plus longtemps possible de tout commentaire en faisant « comme si » cette guerre ne les concernait pas ; à la manière du gouvernement tunisien, par exemple. Or, ils ont, dès le début, encouragé les « révolutionnaires »(sic) puis ont salué la « victoire » du Conseil National des mercenaires de l’OTAN et sont même allés encore plus loin à l’occasion de l’annonce de l’assassinat de Gaddafi. Effectivement, leur propagande primaire, relayée de manière sophistiquée par le réseau Voltaire, a bien fonctionné et l’on a même pu entendre, jusqu’à très récemment, dans les rues de Tunis des gens nous « assurer » que Gaddafi était un agent du Mossad…. Merci « Voltaire »….

Pour conclure, il apparaît que cette guerre –qui a fait tomber les masques les plus sophistiqués de personnalités et d’institutions « respectables » les plus inattendues (d’Ignacio Ramonet et ses collègues du « Monde Diplomatique » à Gilbert Achkar, Immanuel Wallerstein, Alba Rico, et tant d’autres) [10-11]- a aussi révélé, d’une manière très  nette, l’existence de « variantes » de l’anti-impérialisme. Ces dernières sont illustrées, en l’occurrence, par le bloc Iran/Hezbollah/Hamas d’un côté (et leurs avocats comme le réseau Voltaire et « une certaine gauche »[11]) et, de l’autre, la Jamahiriya Libyenne, généralement « incomprise » et totalement et criminellement isolée sur la scène mondiale [12].

Fait à Tunis le 23 octobre 2011 (mise à jour le 25 oct.).

__________________

[1] Thierry Meyssan. Le lynchage de Mouamar Kadhafi. Réseau Voltaire, 20 octobre 2011

http://www.voltairenet.org/Le-lynchage-de-Mouammar-Kadhafi

http://www.voltairenet.org/The-lynching-of-Muammar-Gaddafi (ENGLISH)

[2] Thierry Meyssan. Quelques mensonges sur la guerre de Libye. Réseau Voltaire, 22 mars 2011

http://www.voltairenet.org/Quelques-mensonges-sur-la-guerre

[3] Thierry Meyssan. L’OTAN face à l’ingratitude des Libyens. Réseau Voltaire, 11 juillet 2011

http://www.voltairenet.org/L-OTAN-face-a-l-ingratitude-des

[4] Réseau Voltaire. Israël vole au secours de son allié Kadhafi. 3 mars 2011.

http://www.voltairenet.org/article168711.html

Note : l’illustration dans laquelle Gaddafi est flanqué d’un drapeau US semble d’origine iranienne puisque le nom du dirigeant n’est pas écrit en arabe (correct) ou bien il  s’agit d’une transcription persane.

[5] PressTV (Iran, English)/Iran French Radio. Israël met des mercenaires à la disposition de Kadhafi. 2 mars 2011. http://french.irib.ir/info/afrique/item/109990-israel-met-des-mercenaires-a-la-disposition-de-kadhafi

http://english.irib.ir/news/political/item/71779-israel-provides-henchmen-for-gaddafi (ENGLISH)

Site de la source : www.presstv.ir

[6] Réseau Voltaire. L’OTAN détruit des installations civiles pour empêcher Thierry Meyssan de s’adresser au peuple libyen. 29 juin 2011.

http://www.voltairenet.org/L-OTAN-detruit-des-installations

[7] Thierry Meyssan. La société de mercenariat CST Global et le criminel de guerre Israel Ziv nous écrivent. 7 mars 2011.

http://www.voltairenet.org/article168768.html

[8]  ««Sources»» israéliennes de l’« information » selon laquelle Israël aurait fourni 50000 mercenaires « africains » à la Libye pour mater la rébellion, telles que fournies par Thierry Meyssan (voir référence 7 plus haut) :

http://www.ynet.co.il/ et http://www.news-israel.net/

[9] France 24. Interview avec Mouammar Kadhafi, le 6 mars 2011.

http://www.france24.com/fr/20110307-libye-mouammar-kadhafi-interview-france-24-peuple-terroristes-al-qaida-ingerence-benghazi-

Se référer à l’original (bande son) en arabe pour apprécier (la prosodie a aussi son importance) la fausseté de la traduction des propos de Gaddafi .

[10] Toni SOLO. Libya: Illustrious corpses—the truth is always revolutionary [Les “prestigieuses” dépouilles de Libye. La vérité est toujours révolutionnaire]. September 28, 2011

http://www.mathaba.net/news/?x=628836

[11] Jean Bricmont. Libye, la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire. 10 mars 2011.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23623

[12] Toni SOLO. Libia y las variedades del antiimperialismo [La Libye et les variantes de l’anti-impérialisme]. 12 oct 2011.

http://resistencialibia.info/?p=1347

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